- 19 août
Pourquoi mon chocolat blanchit ? Les 2 causes (et comment l'éviter)
- Ilan Taieb
- chocolat
- 0 comments
Vous sortez vos chocolats maison et là, déception : un voile blanchâtre, des marbrures ternes, une surface qui a perdu tout son brillant. Si vous vous demandez pourquoi votre chocolat blanchit, ne vous inquiétez pas : ce n'est ni de la moisissure, ni un chocolat périmé. C'est un phénomène physique parfaitement compréhensible et surtout évitable une fois qu'on en connaît la mécanique.
Dans cet article, je vous explique les deux causes réelles du blanchiment (elles n'ont rien à voir l'une avec l'autre), comment savoir laquelle vous concerne, et les gestes concrets pour ne plus jamais revoir ces traces blanches. Tout se joue sur une notion : la cristallisation du beurre de cacao : exactement ce que je décortique pas à pas en vidéo sur mon programme sur les bases du chocolat.
Le chocolat blanchi, est-ce dangereux à manger ?
Commençons par ce qui vous inquiète peut-être le plus. Non, un chocolat qui a blanchi n'est pas dangereux. Les organismes de sécurité alimentaire sont formels : ce phénomène est inoffensif et le chocolat reste tout à fait comestible. Ce voile blanc n'est pas de la moisissure, c'est de la matière grasse ou du sucre qui sont remontés en surface. Le goût peut être un peu moins intense, la texture légèrement plus granuleuse, mais vous ne risquez rien à le manger. En revanche, pour un chocolatier, c'est un défaut. Un chocolat qui blanchit prouve presque toujours un souci technique et c'est justement ce qu'on va apprendre à corriger.
Bloom gras ou bloom sucré : comment reconnaître lequel ?
Voici LE point que la plupart des articles oublient : il existe deux blanchiments différents, avec deux causes opposées. Et les confondre, c'est se tromper de solution.
On parle techniquement de « bloom ». Le premier, le bloom gras, forme des traces ou des marbrures grisâtres, un peu grasses. Il suffit juste de passez le doigt dessus : ça fond légèrement et ça glisse.
Le second, le bloom sucré, donne plutôt un aspect moucheté, comme de fins points blancs. Au toucher c'est sec et granuleux, et surtout, ça ne fond pas sous le doigt.
Ce petit test du doigt est le premier réflexe à avoir : en deux secondes, il vous dit à quelle erreur vous avez affaire. Gras qui fond = problème de tempérage. Sec qui reste = problème d'humidité.
Pourquoi mon chocolat blanchit après le tempérage ?
I) Si votre chocolat blanchit peu de temps après l'avoir moulé ou enrobé, c'est presque toujours un bloom gras lié au tempérage. Le beurre de cacao a une particularité : il peut se figer sous six formes cristallines différentes. Une seule nous intéresse, la forme bêta (dite forme V), la seule qui donne un chocolat brillant, cassant et stable dans le temps. Quand on tempère mal : température de fonte dépassée, refroidissement trop brutal, mélange insuffisant; alors le beurre de cacao se fige dans une forme instable. Avec le temps, il migre vers la surface et recristallise en blanc. C'est cela qui créé votre voile terne. La bonne nouvelle ? C'est totalement maîtrisable. Respecter la courbe de température, c'est simplement guider le chocolat vers la bonne forme cristalline.
II) Si vos chocolats blanchissent après un passage au frigo, c'est du bloom sucré, provoqué par l'humidité. Le réfrigérateur est un environnement humide. À la sortie, de la condensation se dépose sur le chocolat froid. Cette fine pellicule d'eau dissout le sucre en surface ; quand l'eau s'évapore, le sucre recristallise en petits points blancs secs. C'est exactement pour cette raison qu'on répète, à juste titre, qu'il ne faut pas conserver le chocolat au réfrigérateur. Le froid n'est déjà pas l'ami du chocolat — l'humidité, encore moins.
Comment rattraper un chocolat qui a blanchi ?
Rassurez-vous : rien n'est perdu. Un chocolat blanchi se rattrape presque toujours. Pour cela, il suffit de le refondre doucement, de bien le mélanger, puis de le tempérer à nouveau en suivant la courbe. En repassant par la bonne forme cristalline, le beurre de cacao reprend sa place et la brillance revient. Vous pouvez refondre et retempérer un chocolat plusieurs fois sans l'abîmer. Et si vous n'avez pas envie de remouler, ce chocolat fera une ganache, un glaçage ou un moelleux parfaits : dans une préparation, le tempérage n'a plus aucune importance !
Comment éviter que le chocolat blanchisse (pour de bon) ?
Tout repose sur deux piliers : le tempérage et le stockage.
Côté tempérage : utilisez un vrai chocolat de couverture (riche en beurre de cacao), un thermomètre fiable, et respectez la courbe propre à chaque chocolat : noir, lait et blanc n'ont pas les mêmes températures. Travaillez dans une pièce à 18-21 °C, à l'abri des courants d'air.
Côté stockage : gardez vos chocolats loin de la lumière et de la chaleur, dans une boîte hermétique, idéalement autour de 16-18 °C. Jamais au frigo, jamais près d'une fenêtre ensoleillée.
Écrits comme ça, ces gestes paraissent simples. Mais c'est à la main, en sentant la texture du chocolat sous la maryse, qu'on les intègre vraiment.
Vous avez envie de ne plus jamais rater votre tempérage ?
Comprendre pourquoi le chocolat blanchit, c'est déjà la moitié du chemin. L'autre moitié, c'est les techniques. C'est exactement ce que je vous montre, étape par étape et à petit prix, dans mon programme sur le tempérage du chocolat. Vous me voyez faire, vous refaites derrière, et le blanchiment devient un mauvais souvenir.
Ilan Chocolat
CAP Pâtissier
CAP Chocolatier
BTM Chocolatier
CAP Glacier